Mon enfant n'aime pas ses cours de Coran : ce que nos enseignants ont appris
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Beaucoup de parents le vivent : l'enfant soupire quand l'heure du cours approche, regarde ailleurs pendant la séance, ou demande s'il peut arrêter. On s'inquiète, on insiste, et parfois cela empire.
Nous avons demandé à nos enseignantes si elles avaient déjà eu des élèves qui n'aimaient pas étudier. Leur réponse est la même : oui, souvent. Et beaucoup de ces enfants sont aujourd'hui ceux qui attendent leur cours avec impatience. Voici ce qu'elles ont appris.
La méthode qu'une enseignante a abandonnée
Une de nos enseignantes raconte ses débuts avec franchise : « Au début, j'utilisais la sévérité et l'apprentissage par cœur direct. » Elle a vite constaté que cette approche ne convenait pas aux enfants, surtout à distance, et qu'elle les dégoûtait de l'apprentissage.
Elle l'a donc abandonnée complètement, et l'a remplacée par le jeu, les histoires et l'encouragement. « Les résultats sont bien meilleurs. »
Derrière un écran, un enfant qui se sent jugé décroche très vite. Il peut éteindre sa caméra, regarder ailleurs, ou simplement ne plus rien retenir.
Ce qui fait changer d'avis un enfant
Créer un lien avec lui
« Si l'élève aime son enseignant, c'est un des facteurs qui comptent le plus », explique notre deuxième enseignante. Avant d'enseigner, il faut gagner la confiance de l'enfant : lui parler, s'intéresser à lui, rire avec lui.
Rendre la séance vivante
Nos enseignantes utilisent :
- des jeux éducatifs, pour réviser les lettres ou les versets sans que cela ressemble à une interrogation ;
- des histoires que les enfants aiment, sur l'islam et sur les Compagnons du Prophète ﷺ ;
- l'humour et l'encouragement, pour que l'enfant ose se tromper.
« Leur regard sur le cours change complètement », résume l'une d'elles.
Expliquer autrement, autant de fois qu'il faut
Pour notre deuxième enseignante, la différence entre un élève qui aime le cours et un élève qui ne l'aime pas, « c'est souvent l'enseignant » : sa capacité à simplifier, à gérer la séance et à réexpliquer de différentes façons quand l'enfant ne comprend pas. Un enfant qui ne comprend pas finit par croire qu'il est « nul », et il n'a plus envie.
Ce n'est pas seulement une question d'enseignant
Notre enseignante ajoute avec honnêteté : « Toute la responsabilité ne repose pas sur l'enseignant. » Il peut réussir comme il peut échouer. L'âge, le caractère de l'enfant, le moment de la journée choisi pour le cours et l'ambiance à la maison jouent aussi.
Ce que les parents peuvent faire
- Ne pas faire du cours une punition ni une menace (« si tu n'es pas sage, tu auras Coran »).
- Choisir un bon moment : pas juste après l'école quand l'enfant est épuisé, ni pendant son dessin animé préféré.
- Valoriser chaque progrès : une nouvelle sourate, une lettre bien prononcée.
- Parler à l'enseignant si l'enfant n'accroche pas. En cours individuel, on peut adapter la méthode, le rythme, ou la durée des séances.
C'est l'un des avantages des cours individuels qu'une maman relevait : ils « permettent une vraie interaction avec chaque enfant et un accompagnement personnalisé ». Ses enfants, nous écrivait-elle, « adorent leurs cours ».
En résumé
- Beaucoup d'enfants réticents au début finissent par aimer leurs cours.
- La sévérité et le par cœur direct éloignent les enfants, surtout en ligne.
- Ce qui marche : le lien avec l'enseignant, les jeux, les histoires des Compagnons, l'encouragement, et des explications adaptées.
- Les parents ont aussi un rôle : le bon moment, la valorisation, et le dialogue avec l'enseignant.
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